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Solidarité

Les exilés du 10ème arrondissement : situation en ce début d’été

Communiqué d’Alain Lhostis, conseiller de Paris (communiste).

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mardi 7 juillet 2009


Aujourd’hui, tout le monde connaît la situation de ces centaines de jeunes, parmi lesquels de plus en plus de mineurs, « résidant » pour quelque temps aux abords de la gare de l’Est, avenue de Verdun, quai de Valmy ou dans le jardin Villemin.

Au fil des ans, des habitants, des associations et des élus se sont mobilisés pour tenter d’améliorer la situation humanitaire de ces personnes, qui restent dehors, été comme hiver, souvent sans possibilité d’hébergement de nuit.

Certes, ces dernières années, de nombreuses actions ont permis de rendre moins inhumaines leurs conditions d’accueil par la mise à disposition de toilettes de chantier et la distribution de repas.

La municipalité du 10ème a obtenu de la Mairie de Paris la création d’un kiosque d’accueil, d’information et d’orientation, ouvert à tous.

Suite à de nombreuses délégations auprès des ministres concernés et des services sociaux, le nombre de places d’hébergement de nuit s’est progressivement élargi.

Aujourd’hui, nombre de Parisiens se posent la question de savoir pourquoi une telle situation persiste. Et surtout, si elle va perdurer ?

Eh bien, malheureusement oui ! Ces jeunes viennent de zones en guerre où des opérations militaires successives sont menées depuis des années par les occidentaux, sous direction américaine.

De plus, la répression engagée au nom de la lutte contre les passeurs par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, renforcée depuis qu’il est devenu président de la République par Brice Hortefeux, à présent ministre de l’intérieur et accompagnée sans état d’âme par Eric Besson, ministre de « l’identité nationale », aggrave la situation de ces personnes, les plaçant en instabilité constante, notamment du fait de la chasse organisée contre ceux qui les aident à Calais.

Ce sont donc en permanence, même si ce ne sont pas toujours les mêmes, de 200 à 300 personnes qui résident nuit et jour dans le 10ème. Certes, la nuit, une partie d’entre elles sont hébergées dans le 18ème arrondissement. Mais, au petit matin, c’est la rue, faute d’accueil de jour.

Le jardin Villemin devient donc, malheureusement pour elles et pour celles et ceux qui le fréquentent dans la journée avec leurs enfants, leur lieu d’habitat avec les conséquences qui en découlent sur la vie des uns et des autres.

Les associations qui aident ces exilés sont intervenues lors de la réunion du conseil d’arrondissement du 10ème, le jeudi 25 juin, pour demander que des décisions soient prises quant aux sanitaires, pour la création d’une bagagerie ou à défaut l’installation de coffres et surtout pour que la prise en charge des mineurs ne souffre d’aucune exception. Au nom des élus communistes, j’ai dit mon accord avec ces propositions.

J’ai rappelé que, dorénavant, deux toilettes publiques modernes vont être à disposition à l’extérieur du jardin, et en ai revendiqué une troisième, à installer dans le secteur, comme cela avait été prévu initialement.

Concernant la bagagerie, j’ai souligné l’intérêt de cette mesure, mais j’ai dit mon scepticisme concernant les coffres qui favoriseraient la propagation de maladies comme la gale, par le biais de couchages infectés.

Cette donnée a été confirmée durant le week-end des 5 et 6 juillet. Lors d’une vaste consultation médicale organisée par les associations et Médecins sans frontières concernant l’état sanitaire des migrants, il a été constaté et soigné de nombreux cas de gale.

Si un dispositif de bagagerie, et non pas de coffres avec un simple dépôt, était mis en place, il faudrait prévoir à chaque utilisation, un nettoyage systématique et complet des couvertures et autres duvets déposés, sous peine de transmission de maladies infectieuses, ces maladies de la misère.

J’ai surtout souligné les responsabilités du gouvernement en la matière et rappelé l’exigence du doublement des nuitées offertes, comme le soulignait la pétition lancée par les élus communistes et signée par plusieurs milliers de personnes.

J’ai également renouvelé mon souhait de mise en place d’un ou de plusieurs accueils de jour, ces dispositifs devant bénéficier d’un financement partagé de l’Etat et de la Ville de Paris.

Pour l’accueil des jeunes mineurs, j’ai relevé l’effort fourni par la municipalité de Paris, en tant que conseil général, dont c’est la responsabilité. Mais l’accroissement de leur nombre nécessite la mise en place de dispositions particulières et une intervention financière de l’Etat.

J’ai demandé conjointement la tenue d’une réunion du comité de pilotage du kiosque, dont l’une des missions est de faire le point sur la situation de ces populations en errance.

Enfin, j’ai proposé que la municipalité du 10ème constitue une délégation, en vue d’être reçu à la rentrée par le ministre en charge de ce dossier, pour exposer à nouveau ces problèmes et exiger l’engagement de l’Etat pour que soient trouvées des solutions humaines durables.

Paris, le 7 juillet 2009.






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