Budget de Paris
Alain Lhostis intervient pour défendre la santé à Paris.
Intervention d’Alain Lhostis en Conseil de Paris - séance budgétaire de décembre 2008
- noter cet article
lundi 15 décembre 2008
Monsieur le Maire, mes chers collègues,
Dans le cadre du budget d’une collectivité territoriale, le financement des actions de santé, régulièrement classé dans les préoccupations prioritaires de nos concitoyens, ne représente pas au regard des budgets de l’action sociale, du logement, des crèches, des transports ou de la voirie par exemple, des engagements significatifs. Comme on le dit parfois : nous ne sommes pas dans notre domaine de compétences. Pourtant, s’il est un domaine où les inégalités s’accentuent c’est bien celui-là. Chacun sait dans notre assemblée que l’écart d’espérance de vie entre un cadre supérieur et un ouvrier spécialisé est de 7 ans et que cet écart s’est approfondi ces dernières années. Cela est du a un ensemble de facteurs socioculturels, qui vont de l’habitat à l’accès à la prévention, en passant par les conditions de travail, mais aussi par la plus ou moins grande facilité à l’accès au système de soins.
Les Parisiennes et les Parisiens n’échappent pas à ces règles, d’autant que si Paris recèle une palette d’offre sanitaire importante et de qualité, la situation n’est pas la même si l’on demeure dans l’Est (avec une moyenne de médecins inférieure à la moyenne nationale) ou dans l’Ouest de la capitale, et surtout parce que les médecins notamment spécialistes exercent majoritairement en secteur à dépassement d’honoraires.
Pour ces raisons, depuis 2001, la municipalité parisienne s’est engagée dans des actions fortes, parfois emblématiques dans le domaine de la santé.
Dans le domaine de la prévention,
- le dépistage des cancers du sein et colorectal a été mis en place en partenariat avec la CPAM et les professionnels, et financé par le département de Paris. Ces actions concernent plusieurs centaines de milliers de Parisiennes et Parisiens les moyens de la médecine scolaire, notamment par la titularisation de la totalité des médecins du secteur ont été consolidés. les campagnes de communication de la lutte contre le SIDA ont été maintenues alors que l’Etat s’en dégageait un centre de dépistage et d’information de la drépanocytose, unique en France métropolitaine a été créé des défibrillateurs ont été installés dans toutes les installations sportives et culturelles et les mairies d’arrondissement Dans le domaine de l’offre de soins, - les centres de santé associatifs ont bénéficié de subventions d’équipement puis de fonctionnement
Dans le domaine de la recherche
aujourd’hui, 18 équipes de jeunes chercheurs sont aidées pendant 4 ans à hauteur de 95 000€ la 1ère année et 75 000€ les 3 années suivantes. Sans cela une partie de ces peut-être prix Nobel de demain, seraient partis à l’étranger et feraient les beaux jours des labos des universités américaines
l’Institut de la vision à l’hôpital des 15/20 initié notamment par le professeur Sahel, l’Institut du Cerveau et de la Moëlle au groupe hospitalier de la Pitié Salpetrière porté entre autres par les professeurs Agid, Lyon-Caen, Saillant,
l’institut Imagine à l’hôpital pédiatrique Necker porté par les professeurs Munich, Griscelli et Alain Fischer, Grand prix de l’INSERM 2008, ont bénéficié d’aides conséquentes
Dans le domaine international
dans 14 pays de l’Afrique subsaharienne plus de 20 lieux de lutte contre le SIDA sont subventionnés On retrouve le financement de l’ensemble de ses actions dans le budget 2009 avec une légère augmentation de 250.000€.
Le groupe communiste s’en félicite. Toutefois, il nous semble nécessaire pour les raisons évoquées plus haut et face à une aggravation de la situation dans le secteur de la santé notamment pour les populations les plus fragiles que des moyens complémentaires devraient être accordés dans plusieurs domaines. Tout d’abord et il y urgence, la plupart des centres de santé associatifs, sont en grande difficulté. Le centre de santé Enfance et Famille dans le 19ème vient d’être sauvé de la fermeture grâce à sa reprise par l’hôpital de la Croix Saint Simon, mais on annonce la fermeture des 2 centres de santé de la Maison de la Mutualité dans le 5ème arrondissement qui prodiguent 200.000 consultations par an. Un vœu de notre groupe rappelle la situation et la nécessité pour la municipalité d’intervenir pour sauver les activités.
Le programme de rénovation des centres de santé municipaux doit être poursuivi sans retard. Le groupe communiste a déposé un amendement budgétaire pour 200..000€ (rubrique 429, nature 6574) pour soutenir l’activité des centres de santé
La prévention des toxicomanies a besoin de renforcer son action face aux difficultés rencontrées par les usagers de drogue, le groupe communiste a déposé un amendement budgétaire pour 100.000€ (rubrique 426, nature 6574)
Face au développement de la vente illégale de produits destinés à l’éclaircissement de la peau, en relation avec le vœu adopté par le conseil de Paris dans sa séance de novembre 2008, le groupe communiste a déposé un amendement budgétaire pour 30.000€ (rubrique 429,nature 6574) pour financer l’organisation d’une campagne de sensibilisation contre l’utilisation de ces produits Les crédits supplémentaires demandés par ces 3 amendements seraient gagés par la minoration à la même hauteur de ceux des « dépenses imprévues » inscrits au chapitre 22.
Si le groupe communiste n’a pas déposé d’autres amendements, il tient à relever plusieurs domaines de la santé dans lesquels il conviendrait de revaloriser les financements de la ville ou du département de Paris. L’aide aux jeunes chercheurs en médecine, que j’ai évoquée qui reçoit 1.250.000 € devrait, dans le cadre des annonces du maire de Paris d’une aide de 1 milliard d’€ pendant la mandature pour la recherche, être portée à 2 millions d’€. En effet, chaque année de 70 à plus de 100 équipes ont répondu à l’appel d’offres lancé par la ville pour accorder ces aides. Le jury scientifique, formé de chercheurs reconnus, représentant toutes les grandes institutions de recherche médicale, présentes dans la capitale, chargé de la sélection relevait que le double d’équipes auraient chaque année pu être aidées sans diminuer le haut niveau représenté par les équipes sélectionnées.
Les associations qui interviennent en Afrique subsaharienne dans la lutte contre le SIDA sont prêtes à développer de nouvelles actions dans la démarche, soutenue par la ville, de travailler en soutien d’actions menées par les associations locales et en lien avec les autorités locales. Il conviendrait d’augmenter le montant des subventions de façon significative. Dans ce sens nous soutenons l’amendement budgétaire déposé par Sylvain Garel au nom du groupe Les Verts proposant que 500.000€ supplémentaires soient affectés à ces actions. D’une façon plus générale, les associations du secteur sanitaire n’ont pas vu le montant global des crédits consacrés aux subventions augmenter depuis plusieurs années. Une augmentation de 500.000 € de ce montant permettrait de conforter des actions dont le coût a sensiblement augmenté depuis 2003.
L’installation de défibrillateurs sur la voie publique qui avait été programmée devra être financée.
Les suppressions d’emplois au travers de ce qu’il est convenu d’appeler le redéploiement doivent être rapportées
Je ne voudrais pas terminer cette intervention sans évoquer la situation délicate de l’Assistance publique Hôpitaux de Paris dont vous présidez , monsieur le maire, le conseil d’administration. Les réformes de structure s’y succèdent. Des regroupements d’établissements se font à marche forcée. La fermeture de l’Hôtel Dieu est à nouveau à l’ordre du jour. Un nouveau plan d’économies de 100 millions d’euros lui est imposé en 2009 et de 300 millions d’euros supplémentaires d’ici 2012. Cela se traduira par une réduction de milliers d’emplois, chez un des principaux employeurs parisiens, avec la ville de Paris, la RATP ou la SNCF. Ces réductions d’emplois porteront sur le personnel soignant également, infirmières et médecins. La totalité des 39 professeurs de médecine et médecins présidents des commissions médicales consultatives des établissements viennent de lancer un cri d’alarme largement relayé dans la presse. La totalité des OS manifestent leurs désaccords. Les directions des établissements tenues à un devoir de réserve font part en privé de leur grande inquiétude sur le maintien d’un service public de santé de qualité. Ils attendent des paroles fortes du maire de Paris, président du conseil d’administration, pour les assurer de sa vigilance sur le maintien de l’unicité de la maison AP/HP et sur les moyens accordés à l’institution chère aux Parisiens pour remplir ses missions de prévention, de soins, de formation et de recherche.
La ville de Paris qui a financé la reconstruction, l’aménagement, l’équipement de services d’urgence à hauteur de 18 millions d’euros dans la mandature précédente, devrait pour la période à venir, comme l’avait envisagé le maire de Paris en visitant le site en reconstruction des Urgences de l’hôpital Saint Antoine, proposer à la direction générale de l’AP/HP de contractualiser le financement d’ un nouveau programme d’investissement (modernisation de chambres, gros appareillage) de 10 millions d’euros pour les 5 ans à venir.
P.-S.
100.000€ pour la prévention des toxicomanies
170.000€ pour les centres de santé associatifs
30.000€ pour la lutte contre la vente de produits dangereux de blanchiment de la peau

