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I3P : en finir avec l’Infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris

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jeudi 10 juin 2010, par Alain Lhostis _

L’amalgame fait entre délinquance et maladie mentale est insupportable dans une société moderne et démocratique. Je partage ce point de vue avec l’ensemble des soignants, des malades et leurs familles.


C’est parce que je considère que le diagnostic et la prise en charge de la maladie mentale relève des médecins, des soignants et d’eux seuls que j’avais déjà proposé au Conseil de Paris en février 2007, un voeu demandant au ministre de la santé, d’en finir avec ce régime d’exception parisien concrétisé par l’Infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (I3P ou IPPP).

Les débats qui ont rebondi sur cette question à la faveur de faits dramatiques, ont amené le chef de l’Etat et la majorité parlementaire à s’engager vers une révision législative sécuritaire des lois de santé publique régissant la prise en charge des personnes atteintes de maladies mentales.

C’est dans ce contexte que j’ai à nouveau déposé un vœu, à l’origine avec Christophe Girard (PS), pour les séances du Conseil de Paris des 7 et 8 juin demandant « que le Maire de Paris saisisse la ministre de la santé pour que s’engage un travail de concertation avec toutes les parties concernées afin de mettre un terme à un dispositif d’exception datant du 19ème siècle en inscrivant la suppression de l’IPPP dans l’actuel projet de loi sur la psychiatrie qui sera prochainement débattu au Parlement et de définir un nouveau dispositif, garantissant en même temps que le respect de la sécurité publique, celui des droits fondamentaux de la personne, pour gérer des situations qui relèvent de la prise en charge médicale. »

Aussi, quelle ne fut pas ma surprise lors de la séance du Conseil de Paris du 8 juin, de voir la réponse du Maire de Paris à ce vœu, confiée à M. Georges Sarre (Adjoint chargé de la Sécurité et de la Prévention), et non par l’adjoint en charge de la Santé Publique, M. Jean-Marie Le Guen ! Il est vrai que ce dernier est coutumier du fait de ne pas participer à des débats ou des votes lorsque des questions qu’il pense embarrassantes se posent à lui, comme il l’a fait à l’Assemblée Nationale au moment du débat et du vote qui concernaient la mise en cause de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris qu’il présidait pourtant à ce moment là au nom du Maire de Paris.

Plus préoccupant encore, l’adjoint aux Finances qui présidait la séance à ce moment là, a tenté de m’empêcher de répondre aux propos caricaturaux de M. Georges Sarre et à ceux, lénifiants, du représentant du Préfet de police. Il semble que le Maire de Paris avait donné des consignes fermes à ces adjoints de s’opposer à tout prix à l’adoption de ce vœu. Le Maire de Paris se veut pourtant intraitable sur la question de la démocratie et des droits de l’homme mais, lorsqu’une question se pose de ce point de vue à quelques stations de métro de l’Hôtel de Ville, il fait barrage à tout débat.

Le débat sur le fond, à savoir la présence parfaitement archaïque et contraire à la séparation des fonctions dans un état de droit, représenté par le maintien d’un vestige du 19ème siècle, l’Infirmerie psychiatrique au sein de la Préfecture de police n’a donc pas pu avoir vraiment lieu.

Le résultat du vote est encore plus navrant puisque seuls les élus communistes et du parti de gauche ont voté pour la disparition de l’IPPP et son remplacement par un accueil organisé au sein de l’Hôpital public. Les élus Verts se sont abstenus au motif qu’une visite des lieux les avait rassurés.

Christophe Girard, cosignataire du vœu, mais adjoint au Maire de Paris s’est finalement abstenu sous la pression de l’exécutif municipal. Les élus socialistes et de droite ont voté ensemble pour le maintien de cette institution du passé, avatar de la nuit sécuritaire qu’essaie de nous imposer le pouvoir actuel.


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