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Santé et AP-HP : Débat préalable à toute autre considération

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jeudi 18 février 2010, par Pierre Huguenin

Toute mesure préétablie de fermeture d’établissements ou de suppression d’emplois doit être suspendue, dans l’attente des résultats de l’audition et du débat en Conseil de Paris des 10 et 11 mai prochains, voulus par le maire de Paris.


Déclaration d’Alain Lhostis conseiller de Paris (communiste).

Vous connaissez mon engagement pour la défense de l’hôpital public et tout particulièrement l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, fleuron mondialement reconnu de la médecine française et si proche au quotidien des Franciliens, quelle que soit leur origine sociale.

Président délégué de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris de 2001 à 2008, j’ai décidé après une période de réserve de deux ans de m’exprimer à nouveau régulièrement pour donner mon point de vue dans un débat majeur de société, qui concerne chacune et chacun dans ce que nous avons de plus précieux, la santé.

Par un communiqué de presse en date du 5 février, le maire de Paris a fait savoir qu’il organisera en mai prochain un débat au Conseil de Paris sur le plan stratégique de l’AP-HP et que, pour préparer celui-ci, un groupe de travail sera mis en place « dans les prochains jours » et rassemblera des élus du Conseil de Paris de toutes tendances politiques afin d’auditionner tous les acteurs de l’AP-HP.

Le 8 février, lors la séance du conseil de Paris présidée par Bertrand Delanoë, Maire de Paris, Président du conseil d’administration de l’AP-HP, un premier débat a eu lieu au cours duquel Bernard Debré, Jean-Marie Le Guen et moi-même furent les principaux intervenants.

Je me suis appuyé sur la prise de position des 1 000 médecins qui ont menacé de démissionner de leurs responsabilités administratives, si le prochain plan stratégique de 2010-2014 n’était pas fondé d’abord sur le projet médical. J’ai ainsi demandé que toute mesure préétablie de fermeture d’établissements ou de suppression d’emplois soit suspendue, dans l’attente des résultats de l’audition et du débat en Conseil de Paris des 10 et 11 mai prochains, voulus par le maire de Paris.

Après un vif échange, au cours duquel j’ai défendu cette position, l’adjoint au maire de Paris chargé de la santé s’est engagé clairement, au nom du maire de Paris à exiger ce préalable auprès de la ministre de la santé.

Une semaine après, le groupe de travail n’a toujours pas été constitué, aucun de ses membres n’est connu, on ne sait quel élu sera chargé de l’animer, aucune date de réunion n’est fixée.

Chacun des groupes politiques du conseil de Paris doit désigner l’élu ou les élus qui devront y participer. Je suggère qu’il soit proposé aux trois conseils généraux des départements de la petite couronne de désigner un représentant pour y assister. Le groupe de travail doit être présidé par un élu non membre de l’exécutif municipal parisien, à l’instar de toutes les commissions de ce type, constituées depuis le début de la mandature. Le maire de Paris doit dans les meilleurs délais convoquer ce groupe de travail pour permettre la préparation d’un débat éclairé du Conseil de Paris.

Si ce n’est déjà fait, le maire de Paris doit s’adresser à la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, pour que pendant cette période, soient suspendues toute décision de fermeture d’hôpital et de suppression d’emplois.

Je rappelle, en effet, que les annonces de fermeture de tout ou partie des hôpitaux Beaujon, Hôtel Dieu, Trousseau, Paul Brousse, ainsi que de Fernand Widal, Charles Foix, Georges Clemenceau - confirmant la volonté de faire disparaître la gériatrie des missions de l’AP-HP - viennent à l’appui de l’annonce de la suppression de 4 000 emplois. Ces décisions sont prises, sans réelle consultation préalable, par un organisme composé d’une vingtaine de personnes qui n’a, dans les textes, aucune compétence décisionnelle, comme l’ont souligné de nombreux médecins.

De mon point de vue, l’exigence de suspendre au préalable toute décision de fermeture d’hôpital avant que le débat sur le projet médical ait eu lieu est majeure. Si tout le monde semble aujourd’hui s’accorder sur la nécessité de ne plus parler des suppressions d’emplois, la période électorale semblant calmer les ardeurs, même parmi ceux qui en ce moment se déclarent solidaires de tous ceux qui luttent contre les orientations actuelles, un certain nombre ont déjà accepté la fermeture des établissements annoncés.

Le fait que le président suppléant du conseil d’administration de l’AP-HP ait déclaré « Nous sommes contre l’idée qu’il faille commencer par supprimer des emplois, mais nous avons une attitude tout à fait responsable et nous savons qu’il y a nécessité de procéder à des regroupements d’hôpitaux » est inquiétant.

La mobilisation des personnels, toutes catégories confondues, de l’AP-HP, notamment le cri d’alarme de quasiment tous les médecins en situation de responsabilité en son sein, les réactions extrêmement vives des élus, notamment ceux qui président les commissions de surveillance des hôpitaux de l’AP-HP, ont permis de premiers reculs.

Au moment où le gouvernement nous annonce que toutes les décisions concernant l’AP-HP sont reportées après les élections régionales, il est nécessaire plus que jamais de rester unis sur l’objectif qui a rassemblé médecins, infirmières, aides- soignantes, personnel administratif, ouvriers et élus locaux :

Bâtissons un grand plan pour l’avenir de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris en débattant d’abord de son projet médical, et dans la période nécessaire à cet examen, exigeons la suspension de toutes décisions préétablies en matière de regroupements et de suppressions d’emplois ou transferts de personnels.

Paris le 16 février 2010






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