Vœux de Bertrand Delanoë aux personnels de l’AP-HP
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samedi 9 janvier 2010, par Pierre Huguenin
Déclaration d’Alain Lhostis à propos de la présentation des vœux du maire de Paris aux personnels de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris.
Déclaration d’Alain Lhostis, conseiller de Paris (communiste) à propos de la présentation des vœux de Bertrand Delanoë aux personnels de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris.
Lundi 11 janvier, le maire de Paris, président du Conseil d’administration de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), se rendra dans un grand hôpital parisien, et le soir à l’Hôtel de ville, comme chaque année, il présentera ses vœux aux personnels de cette grande institution publique.
Je connais l’attachement du Maire de Paris au service public et au service public hospitalier en particulier, et il ne m’appartient pas de parler pour lui. Au regard de la confiance qu’il m’a témoignée de mars 2001 à mars 2008, en tant que Président délégué du Conseil d’Administration de l’AP-HP, je me permets cependant de lui faire quelques suggestions de vœux qui pourraient répondre aux attentes des personnels dans leur diversité.
Des directeurs d’établissement aux infirmières, des professeurs de médecine aux personnels administratifs et ouvriers, des aides-soignantes aux personnels techniques, un mot, un seul mot revient : inquiétude. Celle-ci a été exprimée par la mise en garde sévère du Président de la CME, de la plupart des présidents de CCM, des chefs de pôle, des chefs de service, de centaines de médecins, de démissionner de leurs responsabilités administratives si les perspectives budgétaires 2010 n’étaient pas modifiées : la suppression massive d’effectifs et, pour la première fois, d’effectifs médicaux ne leur permettrait pas, en effet, d’exercer leurs missions auprès des malades et d’assurer la qualité des soins. .
L’hôpital public n’est pas malade. Il n’est pas porteur d’une maladie génétique grave comme essaient de nous le faire croire le chef de l’Etat et tous ses ministres de la comptabilité. L’agitation stérile de la ministre de la santé ne peut cacher l’inanité de son action et la mise en cause gravissime de cet acquis exceptionnel que nous envie le monde entier : l’existence d’un système d’assurance maladie couvrant toute la population et d’un service public hospitalier de haut niveau, ouvert à tous.
Depuis des années, l’hôpital public et l’Assistance publique sont sous dotés. C’est ce que déclarait le président de la Fédération hospitalière de France il y a un an.
Le maire de Paris, président du Conseil d’administration de l’AP-HP, a une voix qui porte et peut-être entendue. Il pourrait annoncer lundi soir :
1) Son exigence que soient annulés le plafond des emplois et les suppressions massives de postes et que, pour se faire il se rendra solennellement au ministère de la santé pour exiger les moyens nécessaires à la prise en charge sanitaire des Franciliens, ainsi que des milliers de provinciaux et d’étrangers que l’AP/HP accueille chaque année..
2) Sa demande que soient stoppées immédiatement les mesures brutales de réorganisation administrative en cours, uniquement fixées sur la fermeture de services, voire d’hôpitaux, et sur la vente immobilière de ces établissements. Il en va de l’avenir de l’AP-HP.
3) Sa demande de transparence sur les décrets d’application de la loi Bachelot, dite HPST, en préparation, qui organisent, notamment, la marginalisation des élus municipaux dans les conseils de surveillance et l’éviction des élus des départements les plus défavorisés de la petite couronne. Ces projets de décrets doivent lui être communiqués afin qu’il puisse émettre un avis, et s’assurer également que le maintien de l’unicité de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, pour laquelle il s’est toujours prononcé, soit garantie.
4) Qu’il s’oppose à la T2A (tarification à l’activité) qui n’analyse les moyens consacrés à l’hospitalisation, à la recherche et à la formation qu’en termes d’objectifs purement financiers et non en termes d’objectifs médicaux et de santé.
5) Qu’il demandera que la recherche médicale, un des atouts essentiels de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, continue à être soutenue à la hauteur de sa place dans la recherche française, notamment dans le cadre du grand emprunt, et que la Ville de Paris, lui apportera une contribution significative au titre du milliard d’euros qu’il a annoncé que celle-ci y consacrerait pendant la mandature.
6) Qu’il s’opposera résolument à Claude Evin, nouveau directeur de l’Agence régionale de santé, s’il devait poursuivre, comme lors de ses premières déclarations, dans ses diatribes contre l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris.
Je forme le voeu que les nombreux hospitaliers participant à la réception de l’Hôtel de ville de lundi entendront des paroles fortes en ce sens.
Paris, le 09 janvier 2010



